mercredi 8 septembre 2010

Laurent Blanc : "Je crois que bon..."

Nouveau sélectionneur de l'équipe de France de Football et nouvelle façon de parler, différente de celle de Raymond Domenech. Je me suis donc attaché à analyser le discours de Laurent Blanc, et notamment son célèbre* "je crois que bon..."

La formule ne détonne que par l'emploi a priori surprenant de l'adjectif "bon" ; sans cela rien à dire. En y regardant de plus près, Laurent Blanc utilise régulièrement cet adjectif "bon" comme une interjection pour ponctuer son discours ; l'usage est sûrement involontaire, appartient aux tics verbaux et constitue une part de son idiolecte (i.e l'ensemble des usages d'une langue propre à un individu). On trouvera dans l'extrait qui suit le fameux "je crois que bon,..." à deux reprises (0'04s et 0'58s), mais également "Bon,..." en tête de phrase (0'01s et 0'24s), "mais bon,..." (0'18s), "puisque bon,..." (0'30s et 1'45s), "alors que bon,..." (0'48s), et "c'est vrai que bon,..." (3'04s).











Sce : "Blanc : « Maladroits et naïfs »" sur le site lequipe.fr

Ceci dit, il reste à comprendre cet usage particulier. Premier constat, "bon" est toujours placé en tête de phrases ou en tête de propositions. Le sens à lui donner est difficile à déterminer. Le TLF note l'emploi interjectif de l'adjectif "bon" et livre quelques explications :
2. Emplois interjectifs (bon est invar.)
a)
Bon! (marque l'approbation, le mécontentement, la fin d'une discussion, etc.), ah bon! (marque l'étonnement, l'incrédulité, l'ironie, etc.), c'est bon! (marque la satisfaction, l'agacement, etc.)
Il semble que, concernant nos exemples, leur valeur se situe dans les etc. de la définition du TLF. Essayons donc d'y voir plus clair. "Bon" semble pouvoir être remplacé dans chaque occurrence par un équivalent "oui" sans pour autant modifier le sens de la phrase. Il marquerait donc l'approbation non comme réaction au discours d'un interlocuteur mais l'approbation envers l'énoncé qu'il va produire lui-même. On pourrait voir là une forme de ce que l'on appelle l'auto-légitimation du Dire. Laurent Blanc, par le biais d'un tic verbal, tendrait ainsi à légitimer ce qu'il va dire, anticipant ou recherchant l'accord de ses interlocuteurs. Oui, je crois que ça doit être quelque chose comme ça, d'autant plus que les énoncés ainsi ponctués sont souvent des généralités difficilement contestables. Voyez plutôt :
"[...] mais bon, il faut analyser un peu plus le contenu du match. Bon, c'est vrai que... on commence pas ces éliminatoires de la meilleure façon possible puisque bon, comme je l'ai dit aux joueurs, la chose la plus difficile dans le football c'est de marquer et de concrétiser ces périodes de domination [...]"


* Ici, ici, etc.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Enfin la chanson Je crois que bon!
http://www.youtube.com/watch?v=1aazYvkwFSk

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